Cours de midi et prothèse de la hanche,
première bougie.



Il y a un an, lors de mon voyage au Japon en compagnie de Sensei Gildo Mezzo, " périple relaté dans le contact numéro 2.05 ", je me suis enthousiasmé en me fixant de nouveaux objectifs concernant mon investissement dans la pratique de l'Aïkido ainsi que vis à vis du SDK, grâce auquel j'ai évolué pendant toutes ces années.

Après avoir tant pris, il était temps pour moi de donner.

Mon désir d'enseigner était tel que sensei Gildo me proposa d'ouvrir un nouveau créneau horaire. Je me réjouissais d'avoir un cours rien qu'à moi, en prime time comme on dit, mais à l'idée d'être prof entre midi et deux, persuadé que personne ne viendrait pratiquer à cette heure de la journée, j'ai failli renoncer à la poursuite de mon objectif.
Il y avait par ailleurs une barrière à la bonne marche du projet : je devais subir une opération de la hanche et me faire poser une prothèse.
Comment allait être ma vie après l'opération ?
Pourrais-je continuer à pratiquer comme avant ?
Autant d'interrogations !
Il fallait donc procéder par ordre et définir les priorités.
En premier lieu l'opération, ensuite voir l'évolution des choses...
Je n'allais tout de même pas me laisser faire par une prothèse de hanche !

Les cours de midi s'imposaient comme une évidence. Ce serait pour moi un excellent challenge. Un retour après une opération de cette envergure demanderait énormément de vigilance, de rigueur et une bonne dose de volonté mais ce serait une excellente opportunité pour refaire ma condition physique postopératoire et une motivation pour reprendre le dessus. Dès lors, je mis tout en oeuvre pour être au top à la rentrée de septembre, date de mon retour prévu sur les tatamis.

Devant cette échéance, j'ai mis le paquet et dès juillet, j'étais prêt à me frotter aux meilleurs éléments de notre section. Je me sentais prêt à donner le meilleur de moi-même et par conséquent ... les cours de midi.

Au début, nous étions entre trois et quatre à chaque cours, un bon départ, moi qui croyais me retrouver seul !

La "team midi" en civil
Bien sûr, les premiers participants furent des élèves de la section Aïkido, mais il y eu aussi quelques pratiquants des autres disciplines qui, tentés par ce nouvel horaire, me firent l'honneur et la joie de se risquer dans une voie moins connue, notamment des pratiquants de la section Yoseikan. Lors des premiers cours, j'en profitais pour continuer ma " rééducation " en faisant des exercices adaptés aux circonstances. Puis, petit à petit, j'ai pu compliquer et augmenter le niveau et, à ma grande satisfaction, la plupart des élèves ont suivi. Tout au long de l'année, les rangs ont grossi, des pratiquants venant même de France voisine ! Aujourd'hui, deux fois par semaine nous sommes une dizaine à transpirer durant notre pause de midi sur les tatamis du SDK. Environ un tiers sont des nouveaux membres. Les inconditionnels forment le noyau dur, auxquels viennent s'ajouter des occasionnels, dont la motivation augmente la dynamique des cours. Quant aux inévitables défections, elles sont autant d'occasions de remise en question pour le prof.

Durant cette première année, malgré ma hanche " bionique ", j'ai pu revenir à mon meilleur niveau. Etre enseignant a été pour moi un formidable stimulateur, me poussant constamment à me surpasser, aller au-delà de la douleur et de l'handicap qui aujourd'hui, n'en est plus un ! Mes élèves, par leur assiduité et par leurs exigences ont grandement contribué à cela et je les en remercie chaleureusement; sans eux, je n'en serai sans doute pas là aujourd'hui. Mu par l'envie de progresser et au vu du chemin parcouru, j'ai repris la route des stages pour aller me faire " un peu " bousculer par les meilleurs Aïkidokas de la région.

Au début, beaucoup de crainte quant à ma hanche; le fait de ne plus être à l'abri dans mon Dojo avec mes amis partenaires qui, connaissant mon problème me ménageaient comme ils pouvaient, me privait d'évoluer librement comme j'aime le faire. J'ai apprivoisé cette peur (sans crier gare à chaque chute), puis constatant que ma hanche tenait bien le coup, j'ai progressivement repris confiance en moi, et maintenant je bouscule autant qu'on me bouscule.

Il est temps pour moi de remercier tous ceux qui m'ont soutenu, avant, pendant et après mon opération ainsi que lors de la mise en place des cours de midi.

Un grand merci à sensei Gildo pour sa sollicitude, en espérant que mon investissement contribue à la dynamique de notre section d'Aïkido.

Francisco CAMPELO


(de gauche à droite et de haut en bas)
Olivier, Eric, Nicolas, Eric, Stefano, Jon, Nathalie, Monique, Cédric, Francisco, Lili et Jean-Marc.


































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